Splendeur de la Marine à voile(s) :-)

Chaque voile qui passe donne dix votes à Le Pen,

Chaque barbu fagoté lui donne cent voix sans peine.

En cadeau, l’extrait de discours de mon maître absolu où la « splendeur de la marine à voile » prend une dimension nouvelle. 🙂


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Catégories :divers

A vous trois (3)

 

NOTA : Cette série de billets intitulée « A vous trois » veut répondre à un questionnement posé par des amis.
Je les livre à tous les lecteurs car le questionnement de ces amis recoupe l’objectif de ce blog. Ces billets sont regroupés dans la catégorie « en petit comité ».

A la recherche de l’essence ordinaire.

Il est évident qu’il faut distinguer entre l’islam religion, conventionnellement écrit avec une minuscule, l’Islam culture, écrit avec une majuscule, fruit du mélange entre un substrat local et la religion, et le musulman, riche de son histoire personnelle plus ou moins en lien avec l’Islam. Ces distinctions vous sauteront aux yeux si je vous dis qu’il existe le

même espace entre christianisme, chrétienté et chrétiens.

Aujourd’hui, je voudrais procéder au travail du géologue qui recherche cette même essence ordinaire qui irrigue pourtant l’immense et plurielle communauté qui partage peu ou prou les enseignements laissés par Mahomet, le fondateur de l’islam. 
Je vais donc procéder rapidement à quelque chose qui n’est pas bien vu et qui s’appelle l’essentialisme.

Par ricochet, cet effort me permettra de mieux préciser la place que je recherche avec difficulté entre les deux pôles opposés qui prétendent, pour l’un, qu’il n’existe que des déclinaisons individuelles de la réalité, et pour l’autre, que ces réalités nous sont déterminées par une superstructure qui nous écrase.

 



Comme dans le billet précédent où j’ai laissé travailler Manfred Kropp, je vais aujourd’hui laisser la parole à Rémi Brague qui procède à ce même travail de géologue dans la préface du livre du Père Jourdan Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, sous-titré Des repères pour mieux comprendre :
Rappelons en effet que tous les musulmans, au-delà de leurs différences qui peuvent aller jusqu’à des mépris, des haines, voire des guerres, ont en commun un certain nombre de points que personne ne peut remettre en cause sans sortir de l’islam. J’en citerai quatre, qui découlent les uns des autres et forment donc un système.
Pour tous, d’un bout à l’autre du monde islamique, pour les sunnites comme pour les chiites, pour toutes les écoles juridiques, pour toutes les confréries mystiques :
1- Mahomet est l’Envoyé de Dieu,
2- le Coran est la parole dictée par Dieu à Mahomet, qu’il faut donc entourer du plus grand respect,
3- la direction de la prière est celle de La Mecque, d’où le terme par lequel les musulmans se désignent au-delà de toutes les divisions : « Les gens de la direction (de la prière) (ahl al-qibla) »,
4- cette ville est pour tous aussi le but du grand pèlerinage annuel.
Quatre points, ce n’est pas beaucoup mais c’est essentiel. (p11 de l’édition originale)
Personnellement, j’ajouterai un cinquième point, omis par Rémi Brague, qui est la profession de foi en un Dieu à l’Unicité jalousement gardée : Il n’y a de Dieu que Dieu. Et, pour faire bonne mesure, un sixième point qui précise l’attribut essentiel d’Allah vraiment au-dessus de sa créature, c’est le fameux Allah Akbar.

Tout cela forme un noyau doctrinal autour duquel gravite chaque musulman. L’ensemble forme un système dont la pierre angulaire est la personnalité de Mahomet, l’excellent modèle qu’il faut imiter (sourate 33 verset 21).
Ce système qui tira sa cohérence des statuts sans équivalents de Mahomet et  du Coran, rencontre aujourd’hui d’autres systèmes de valeurs porteurs de paradigmes différents qui s’opposent parfois aux siens. Ce nouvel état qui représente une blessure narcissique pour la Oumma établie comme la meilleure communauté qu’on ait fait surgir parmi les Hommes, qui ordonne le convenable, interdit le blâmable (sourate 3, verset 110), demande aux musulmans de relever de nouveaux défis, tant pour ceux qui vivent en minorité dans des pays qui ne s’affirment pas musulmans que pour ceux qui sont majoritaires dans des pays de longue tradition islamique :
– Ce système fondé sur une dictée divine est-il réformable ?
– Si oui, jusqu’à quel point l’interprétation peut-elle porter ?
– Qu’en est-il de l’émergence du libre arbitre et des perspectives humanistes (si chères à celui de vous trois qui est le plus proche de ces thèses humanistes et rationalistes  🙂 ) ?
– Qu’est-ce que le libre examen en terre d’islam ?
– Le concept d’universalité en islam se borne-t-il à la définition qu’en donne l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) dans sa Déclaration du Caire et que je dois rappeler ici : Tous les êtres humains constituent une même famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu ou bien la notion de fraternité humaine fondée sur la liberté et les Droits de l’Homme est-elle intégrable ?

Je finis ce billet en redonnant la parole à Rémi Brague qui laisse en suspens cette chose qui m’interroge aussi :
Il est exact (…) de faire remarquer que bien des musulmans boivent de l’alcool et que bien des musulmanes ne se voilent pas, sans pour autant omettre de faire leurs prières, etc, bref, se composent un islam « à la carte ». Sans parler de ceux qui se détachent d’aspects plus importants de cette religion. Reste en effet à se demander pourquoi ils font cela. Est-ce en tant que musulmans ou, si l’on préfère, parce qu‘ils sont musulmans ? Ou est-ce au contraire en dépit de leur islam ? (p11)

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A vous trois (2)

NOTA : Cette série de billets intitulée « A vous trois » veut répondre à un questionnement posé par des amis.
Je les livre à tous les lecteurs car le questionnement de ces amis recoupe l’objectif de ce blog. Ces billets sont regroupés dans la catégorie « en petit comité ».

Aujourd’hui, la lecture de mon billet vous sera rapide si vous vous contentez de lui, et très longue si vous développez le lien que je joins. 🙂

Dans mon précédent billet, j’ai reproduit le verset 56 de la sourate 4 sur laquelle je pense d’ailleurs revenir car elle contient quelques versets qui sont majeurs et assez délicats à entendre : Les conditions d’héritage pour les femmes, la façon de les « admonester » (« frappez-les »), l’institution de la polygamie, les sanctions en cas de fornication, les femmes que  l’on peut épouser et celles qui sont interdites, la préséance des hommes sur les femmes, la méfiance qu’il faut éprouver pour les gens du Livre, l’injonction faite aux chrétiens de renoncer à la Trinité, l’appel fait aux musulmans à rester en terre islamisée, la primauté du musulman combattant sur celui qui reste chez lui, les conditions nécessaires pour pratiquer la Salat (les prières rituelles), la traque quasi-paranoïaque des « hypocrites »,….
Je vous saoule ? 🙂
Oui, mais si vous aviez lu la sourate comme je vous y ai invités !
Parce que je suis sûr que vous ne l’avez pas fait !

Mais aujourd’hui, je ne tiens pas à entrer dans le contenu même du Coran qui fait dire à un Dieu qui semble y prendre plaisir : je te couvrirai d’une nouvelle peau pour que tu sentes bien ta douleur (cf. mon billet précédent) et je voudrais entrer dans l’étude de la langue qui porte ce message en me demandant si cette langue a bien voulu dire ce que la tradition en a retenu.

Je sais que cet angle d’approche de ce qui participe du « fait coranique » plaira à celle d’entre vous trois qui est la plus proche de la culture islamique et qui s’interroge sur cette langue arabe qui traverse sa culture d’origine et son histoire.

Manfred KroppMais je ne suis pas un spécialiste, loin s’en faut, et je vais donc laisser la parole à un philologue, épigraphiste, qui a donné une série de conférence en 2005 au Collège de France. A l’époque, j’ai téléchargé la série vidéo de ces conférences et je trouve que leur propos est intéressant pour quelqu’un qui souhaite revisiter ce courant de pensée (que j’ai vraiment du mal à appeler « religion » vu la quantité de domaines de la vie quotidienne qu’il souhaite codifier).

Quelques petits conseils pour mieux écouter Manfred Kropp, puisqu’il s’agit du philologue en question :
– Munissez-vous d’un excitant quelconque parce que c’est un conférencier… comment dire… lénifiant,
– Allez faire pipi régulièrement parce que chaque conférence dure une heure, eh oui, on est au Collège de France, pas à la StarAc’,
– Téléchargez les « documents d’accompagnement » qui sont proposés, ce sont des PP indispensables à la bonne compréhension de la conférence, et ils sont vraiment bien faits, si on oublie qu’il y a un gros mélange entre les conférences et les documents d’accompagnement,
– Commencez par la conférence du 11 octobre intitulée « le fait coranique » et laissez tomber la première qui est une looooongue introduction.
Lexique :
philologie :  Étude et connaissance d’une langue en tant qu’elle est l’instrument ou le moyen d’une littérature.
Epigraphie : Science qui étudie les inscriptions sur les matières durables.

Pour finir, Manfred Kropp se réclame d’une démarche de recherche scientifique positive « voire positiviste » ajoute-t-il, et ne se préoccupe pas de l’orthodoxie de sa démarche par rapport à la tradition musulmane.

C’est >ici< et personnellement, j’y retourne, un verre de vin à la main.

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A vous trois (1).

24 octobre 2010 5 commentaires
NOTA : Cette série de billets intitulée « A vous trois » veut répondre à un questionnement posé par des amis.
Je les livre à tous les lecteurs car le questionnement de ces amis recoupe l’objectif de ce blog. Ces billets sont regroupés dans la catégorie « en petit comité ».
Hier, j’ai compris votre souhait de me voir éclaircir les raisons qui me poussent à être sévère avec l’islam.
Parce que, c’est vrai, je suis sévère avec l’islam.
J’ai entendu que cette sévérité serait occasionnée par mon adhésion au christianisme qui m’empêcherait d’aborder le sujet avec impartialité ou sans esprit concurrentiel. J’ai entendu aussi qu’elle était peut-être liée à une démarche un peu « obtuse », et, de façon plus ténue, peut-être raciste, si on soulève le vernis lié à la cordialité qui prévaut à des repas entre amis.
J’ai entendu encore que cette sévérité me condamnait à ne pas voir les frémissements qui font avancer l’islam vers un avenir radieux, suivant en cela la marche qui aurait prévalu en Occident pour le christianisme.

Comme élément de réponse à votre demande d’éclaircissement, je vous adresse déjà le lien vers mon blog, mais je vais tenter de répondre un peu plus précisément  à votre questionnement en rebondissant sur ce que vous avez pu dire hier.
Cela alimentera une série de billets que  j’intitulerai « A vous trois ».

Tout d’abord, il faut que je me découvre et que j’avoue que ma sévérité trouve son origine ailleurs que là où vous la supposez peut-être et que je ne dois pas en avoir honte :
Elle est causée par une sensibilité intellectuelle qui me conduit à voir avec tristesse une partie non-négligeable de l’humanité souffrir sous le joug d’une idéologie engendrée par un système religieux particulièrement dur, une partie non-négligeable de cette partie non-négligeable étant constituée de femmes !
Je crois que je peux qualifier cette attitude d’empathie.
Elle est nourrie par la violence que les musulmans s’imposent à eux-mêmes, et je vous enjoins de lire à ce sujet le billet du philosophe Abdennour Bidar que  j’ai reproduit plus bas. Ce philosophe français est un de ces intellectuels musulmans auxquels vous avez fait appel hier soir dans vos souhaits de voir l’islam se réformer.
Je pense avec beaucoup de tristesse et sans paternalisme aucun que les musulmans souffrent encore en masses énormes d’un islam ombrageux qui a autorité, installé dans de nombreuses frontières, prêché dans beaucoup de mosquées du monde et que cet islam va puiser sa logique dans les propos mêmes d’Allah, et qu’il ne peut être réduit à un extrémisme que des substantifs comme « fondamentalisme », « littéraliste », « islamisme », tentent de circonscrire de façon incantatoire.
« Tout cela n’est pas l’islam » est trop simple et presque mensonger et c’est à moi de faire de ce point de vue le départ de nos échanges, par commentaires joints ou par mails.
Enfin, la perspective que cet islam installe sa vision du monde et des rapports entre les individus en France n’est pas pour m’enchanter et je ne laisserai pas aux seuls musulmans le soin de s’occuper de le réformer, regardant tout cela de loin, nous sommes citoyens du même pays.
Je dois reconnaître que l’idée de jouer le poil à gratter ne me déplaît pas outre mesure. 🙂
C’est peut-être ma façon à moi de bien châtier ceux que j’aime bien.


« Allah » et « Notre Père », même combat ?
Pour finir ce premier billet et pour régler rapidement le point du recouvrement supposé total des concepts de Dieu en islam et en christianisme, j’aimerais savoir comment vous recevez la parole suivante dite par Allah lui-même, Allah, qui nous a créé et qui s’occupera de notre sort après notre mort :
Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage !
(Sourate 4 verset 56)
Pour ma part, comprenez qu’en tant qu’être humain, et au-delà de ma Foi chrétienne, je ne peux accepter l’idée d’un Dieu acteur de la souffrance de sa créature. Car vous entendez bien dans ce verset Allah s’occuper lui-même du Feu qui brûlera ceux qui ont mécru.
Toute confusion entre Allah et Notre Père serait le fruit d’une analyse très superficielle ou d’un syncrétisme qui chercherait la quadrature du cercle.

Voyez-vous dans ce verset une dimension métaphorique qui permet de prendre de la distance ?
Voyez-vous cette dimension métaphorique dans la sourate 4 Les femmes dont je tire ce verset  et dont le verset suivant est pas mal non plus ?
Si oui, faites-moi part de votre exégèse.
Mais s’il vous plaît, prenez le temps de lire ces sourates que je m’efforce moi-même de lire, et ensuite seulement vous pourrez juger de ma sévérité.

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Catégories :en petit comité

Enfin Arte !

3 septembre 2010 4 commentaires

Enfin !
Quelques indices timides, quelques tremblements nouveaux, quelques frémissements encore imperceptibles me donnent à penser que les frontières bougent et que les media installés oseraient enfin, peut-être, on dirait, aborder les problèmes que peut poser un islam pratiqué par des acharnés.
Après la lapidation et le ramadan dénoncés par Abdennour Bidar comme des violences faites aux musulmans (par d’autres musulmans) , dénonciation relayée par le quotidien Le Monde, s’il vous plaît, voici qu’à son tour Arte se penche sur des violences subies par les femmes musulmanes : le mariage forcé et le crime d’honneur (crime d’horreur devrais-je dire !)
J’ajoute que ces  deux prises de positions médiatiques se tiennent en plein ramadan, ce qui m’étonne parce qu’elles défrisent le religieusement correct qui nous plombe si souvent.
J’en suis fort aise.

Pour voir la vidéo qui n’est plus disponible sur Arte, cliquez >ici<

Femmes : pourquoi tant de haine ?

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

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La violence et le sacré

Je reproduis in extenso la réaction, lucide et exigeante, que le  professeur de philosophie Abdennour Bidar a publié dans le quotidien Le Monde au moment où le gouvernement iranien envisage de lapider Sakineh Mohammadi-Ashtiani.

La lapidation : preuve extrême de la logique de violence de l’islam.

La monstrueuse condamnation d’une femme à la lapidation par la République islamique d’Iran donne encore une fois de l’islam une image catastrophique, celle d’une religion archaïque, violente et totalitaire. N’essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu’il s’agit d’une décision politique. Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se fonde sur une idéologie reconnue comme celle d’un islam fondamentaliste.

En tant qu’intellectuel musulman, je dois prendre la responsabilité de dire cela haut et fort, en m’insurgeant contre cette sentence de lapidation au nom de la dignité de la personne humaine. Mais je ne saurais m’en tenir à cette indignation. Si en effet la pulsion totalitaire de la religion islamique trouve là l’une de ses expressions les plus inhumaines, il faut y voir simplement l’une des formes les plus radicales d’une logique générale qui a pris, au fil des siècles, le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde. Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence.

Prenons l’exemple le plus actuel, celui du mois de ramadan qui s’est ouvert le 11 août. Evidemment, nous paraissons ici au plus loin de l’affaire de la lapidation, et aujourd’hui en France l’on n’entend guère de critiques sur cette pratique du jeûne. Au contraire, s’est installée sur la question une sorte de consensus angélique. Nous aurions là un événement « entré dans la vie et ancré dans le calendrier de la nation » et nos médias semblent incapables de faire autre chose que de célébrer la convivialité, la solidarité, le caractère festif de cette période.

Soit, mais qui soulignera en contrepartie le caractère violent de ce jeûne total exigé de la part de tout pratiquant pubère du matin au soir pendant un mois entier ? De nombreux musulmans éludent la question en prétendant que, pour l’individu qui a la foi et qui est entouré d’autres musulmans solidaires dans leur jeûne, celui-ci est facile.

Comment peut-on avoir l’inconscience de prétendre cela ? Jeûner toute la journée, sans avoir même le droit de boire un peu d’eau, et ce pendant un douzième de l’année, constitue un exercice de privation radical et relève d’un ascétisme religieux de haut niveau que rien ne justifie d’ordonner à l’ensemble d’une communauté. La tradition n’exempte de cet effort supérieur que les malades, les femmes enceintes ou en période de menstruation et les voyageurs.

Mais force reste à la loi totalitaire qui ne reconnaît aucun droit au choix personnel : seul est reconnu comme vrai musulman celui qui jeûne. L’orthodoxie d’institution – les dignitaires – et l’orthodoxie de masse – le corps communautaire – exercent là sur les comportements une double surveillance et censure.

Il n’y a peut-être pas de commune mesure entre la pratique ignoble de la lapidation des femmes et celle du ramadan. Mais il y a entre elles ce rapport que le discernement doit savoir établir entre une radicalité générale et l’un de ses excès les plus extrêmes. Ici et là, ce qui se manifeste est une violence infligée à la personne humaine au nom de la religion. L’islam n’a pas commencé de dénouer le rapport qui unit la violence et le sacré.

Chacune de ses pratiques en porte la marque infamante, à des degrés certes très divers mais toujours repérables. Les cinq prières quotidiennes exigées à heure fixe ? Une violence morale faite au jugement personnel d’un être humain qui pourrait prétendre choisir les moments qu’il veut consacrer à sa vie spirituelle. Le pèlerinage à La Mecque ? Une violence symbolique et politique par laquelle l’islam mondial est maintenu inféodé à la tutelle du wahhabisme saoudien.

Il ne s’agit pas de condamner ces pratiques rituelles – jeûne, prière, pèlerinage – en tant que telles. Elles peuvent offrir un support efficace au besoin éprouvé par tel individu de mener une vie spirituelle (étant bien entendu que celle-ci peut aussi se conduire hors de tout champ religieux).

Mais qu’est-ce que les musulmans attendent pour les déclarer libres ? Contrairement à l’objection courante, cela n’atomiserait pas la communauté, mais la ferait passer de l’état clos de l’uniformité à l’état ouvert de la diversité. Et contrairement à une autre objection, cela ne détruirait pas l’autorité de Dieu, mais obligerait chaque conscience à aller chercher cette voix divine dans sa propre intériorité. Enfin, cela permettrait à l’islam de sortir de sa logique générale de radicalité et de violence dont la sentence de lapidation contre laquelle nous nous insurgeons aujourd’hui n’est qu’un extrême.

Si cette culture religieuse de l’islam ne change pas, elle continuera de se déconsidérer aux yeux du monde. Car de tels excès monstrueux ne peuvent évidemment pas surgir n’importe où et il serait trop facile de les considérer comme des phénomènes n’ayant – selon la formule consacrée par les bien-pensants – « rien à voir avec l’islam ». Ils ne sont que la grimace la plus affreuse d’une religion qui passe son temps à se caricaturer elle-même. « Qui bene amat bene castigat« , qui aime bien châtie bien.

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Le jeu des sept erreurs.

Omicron, notre dessinateur, est vraiment très distrait. En voulant reproduire la photo du haut, il a commis sept erreurs dans sa copie. Sauras-tu les retrouver ?

original

copie

En fait, les deux dessins sont entièrement identiques dans leur intention.

La photo, réalisée par Mondino pour le dernier album du chanteur Saez, veut dénoncer l’utilisation abusivement érotisée du corps de la femme à des fins mercantiles.

Le dessin de Roger Latham, lui, dénonce, sous les traits d’une caricature, l’absurdité où peut conduire le refus d’exposer le même corps.

Dénonciation de l’irrespect du corps et de l’esprit féminins sont le trait commun à ces deux productions.
Ne cherchez pas l’erreur.

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