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A vous trois (3)
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A la recherche de l’essence ordinaire.
Il est évident qu’il faut distinguer entre l’islam religion, conventionnellement écrit avec une minuscule, l’Islam culture, écrit avec une majuscule, fruit du mélange entre un substrat local et la religion, et le musulman, riche de son histoire personnelle plus ou moins en lien avec l’Islam. Ces distinctions vous sauteront aux yeux si je vous dis qu’il existe le
même espace entre christianisme, chrétienté et chrétiens.
Aujourd’hui, je voudrais procéder au travail du géologue qui recherche cette même essence ordinaire qui irrigue pourtant l’immense et plurielle communauté qui partage peu ou prou les enseignements laissés par Mahomet, le fondateur de l’islam. Je vais donc procéder rapidement à quelque chose qui n’est pas bien vu et qui s’appelle l’essentialisme.
Par ricochet, cet effort me permettra de mieux préciser la place que je recherche avec difficulté entre les deux pôles opposés qui prétendent, pour l’un, qu’il n’existe que des déclinaisons individuelles de la réalité, et pour l’autre, que ces réalités nous sont déterminées par une superstructure qui nous écrase.
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Comme dans le billet précédent où j’ai laissé travailler Manfred Kropp, je vais aujourd’hui laisser la parole à Rémi Brague qui procède à ce même travail de géologue dans la préface du livre du Père Jourdan Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, sous-titré Des repères pour mieux comprendre :
Rappelons en effet que tous les musulmans, au-delà de leurs différences qui peuvent aller jusqu’à des mépris, des haines, voire des guerres, ont en commun un certain nombre de points que personne ne peut remettre en cause sans sortir de l’islam. J’en citerai quatre, qui découlent les uns des autres et forment donc un système.
Pour tous, d’un bout à l’autre du monde islamique, pour les sunnites comme pour les chiites, pour toutes les écoles juridiques, pour toutes les confréries mystiques :
1- Mahomet est l’Envoyé de Dieu,
2- le Coran est la parole dictée par Dieu à Mahomet, qu’il faut donc entourer du plus grand respect,
3- la direction de la prière est celle de La Mecque, d’où le terme par lequel les musulmans se désignent au-delà de toutes les divisions : "Les gens de la direction (de la prière) (ahl al-qibla)",
4- cette ville est pour tous aussi le but du grand pèlerinage annuel.
Quatre points, ce n’est pas beaucoup mais c’est essentiel. (p11 de l’édition originale)
Personnellement, j’ajouterai un cinquième point, omis par Rémi Brague, qui est la profession de foi en un Dieu à l’Unicité jalousement gardée : Il n’y a de Dieu que Dieu. Et, pour faire bonne mesure, un sixième point qui précise l’attribut essentiel d’Allah vraiment au-dessus de sa créature, c’est le fameux Allah Akbar.
Tout cela forme un noyau doctrinal autour duquel gravite chaque musulman. L’ensemble forme un système dont la pierre angulaire est la personnalité de Mahomet, l’excellent modèle qu’il faut imiter (sourate 33 verset 21).
Ce système qui tira sa cohérence des statuts sans équivalents de Mahomet et du Coran, rencontre aujourd’hui d’autres systèmes de valeurs porteurs de paradigmes différents qui s’opposent parfois aux siens. Ce nouvel état qui représente une blessure narcissique pour la Oumma établie comme la meilleure communauté qu’on ait fait surgir parmi les Hommes, qui ordonne le convenable, interdit le blâmable (sourate 3, verset 110), demande aux musulmans de relever de nouveaux défis, tant pour ceux qui vivent en minorité dans des pays qui ne s’affirment pas musulmans que pour ceux qui sont majoritaires dans des pays de longue tradition islamique :
- Ce système fondé sur une dictée divine est-il réformable ?
- Si oui, jusqu’à quel point l’interprétation peut-elle porter ?
- Qu’en est-il de l’émergence du libre arbitre et des perspectives humanistes (si chères à celui de vous trois qui est le plus proche de ces thèses humanistes et rationalistes :-) ) ?
- Qu’est-ce que le libre examen en terre d’islam ?
- Le concept d’universalité en islam se borne-t-il à la définition qu’en donne l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) dans sa Déclaration du Caire et que je dois rappeler ici : Tous les êtres humains constituent une même famille dont les membres sont unis par leur soumission à Dieu ou bien la notion de fraternité humaine fondée sur la liberté et les Droits de l’Homme est-elle intégrable ?
Je finis ce billet en redonnant la parole à Rémi Brague qui laisse en suspens cette chose qui m’interroge aussi :
Il est exact (…) de faire remarquer que bien des musulmans boivent de l’alcool et que bien des musulmanes ne se voilent pas, sans pour autant omettre de faire leurs prières, etc, bref, se composent un islam "à la carte". Sans parler de ceux qui se détachent d’aspects plus importants de cette religion. Reste en effet à se demander pourquoi ils font cela. Est-ce en tant que musulmans ou, si l’on préfère, parce qu‘ils sont musulmans ? Ou est-ce au contraire en dépit de leur islam ? (p11)
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Consume !
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Le but essentiel de ce blog est d’étudier un obstacle qui peut "entraver la vie d’une nation, la mienne, devenue très hétérogène" ! (cf Pourquoi ce blog ? en cours de réécriture à ce jour.)
Cet obstacle, l’islam, propose une anthropo-logique différente de celle qui a structuré le vivre-ensemble dans lequel nous baignons, et nous ne pourrons le dépasser que dans la mesure où nous nous approprierons nous-mêmes, non-musulmans, ce système de pensée, ce qui nous permettra, par incidence, de mieux connaître les personnes musulmanes.
Je voudrais citer ici Antoine Sfer : "Comment peut-on reconnaître les musulmans sans connaître l’islam ?" (= le système de pensée religieux qui a donné naissance à l’Islam/civilisation).
Il s’agit pour moi, je me répète, de parler "sans complaisance et sans haine" d’un système tout en essayant de ménager les individus qui en partagent la vision du Monde. La chose est malaisée et je ne prétends pas y réussir toujours, entre maladresses et colère assumée de ma part, et goût pour la posture de victime présent chez beaucoup de musulmans.
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Mais l’islam n’est pas la seule donnée actuelle potentiellement en mesure de nous bouffer le vivre-ensemble et je m’accorderai donc quelques échappées dans l’étude et l’analyse d’autres joyeusetés.
Etudes et analyses d’amateur, je précise, car je ne prétends pas avoir l’érudition et la rigueur intellectuelles suffisantes pour Dire le monde, mais à tout le moins, j’ai la prétention d’avoir assez d’intelligence et d’honnêteté intellectuelle pour essayer de décrypter ce même monde.
Et puis, quand je vois ce que font certains de nos intellectuels bardés d’érudition….
je pouffe !
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Donc…
J’aime cette vidéo avec ses faux airs de "1984" et de "Bienvenue à Gattaca" mélangés.
Et puis le contenu bien sûr qui nous rappelle tous les dangers d’une consommation élevée comme moteur de vie.
Pour en savoir plus : http://www.bonfireofthebrands.com/site/
more about "Consume", posted with vodpod
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4 ans déjà !
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J’ai retrouvé dans mes archives cette lettre écrite il y a quatre ans déjà à un ami qui ne partageait pas du tout mon questionnement sur l’islam.
C’était en 2005, quelques temps après l’adoption de la loi sur les signes religieux à l’école, et nous nous affrontions souvent sur l’importance à donner à ce courant religieux qui commençait à faire parler de lui.
"Athée comme un cochon" pour reprendre son autoportrait, d’une intelligence redoutable et incisive, cet ami n’a qu’une connaissance très exotique des religions qui relèvent pour lui de restes de zones d’ombres que les Lumières finiront bien par dissiper.
Depuis 2005, son point de vue sur l’islam a beaucoup évolué.
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Salut M.,
je continue à m’informer sur l’islam, ce thème qui m’intéresse tant pour l’instant et, comme tu me l’as demandé, je vais étayer mes dires sur la prétention hégémonique de cette religion, prétention que j’ai qualifiée de génétique.
Je voudrais tout de même te préciser que chez moi le mot génétique s’apparente à genèse et non à gène, ce qui laisse la place à l’exégèse. [ En suis-je si sûr en 2009 ?]
L’extrait sur lequel je vais m’appuyer est tiré du dossier de mai 2004 "Le discours de l’islam radical" publié par l’Observatoire du monde juif qui compte Alexandre Adler dans son comité éditorial.
Ceci pour la respectabilité de la source.
J’ajoute qu’Alexandre Adler dit lui-même par ailleurs, lors d’une émission sur France Culture, qu’il ne croit pas à une origine "perverse" de l’islam (j’emploie ses termes) reconnaissant au passage que cette éventualité est portée par certains intellectuels qui se penchent sur ce courant religieux. Il pense que cette religion peut se réformer et il cite des exemples.
Moi, je reste dubitatif.
Voici donc l’extrait de ce long dossier que je trouve significatif par rapport à notre conversation :
"La situation est totalement nouvelle pour les musulmans [d'Europe et des Etats-Unis]. Ils se retrouvent en minorité dans un cadre gouverné par le principe de l’individualisme démocratique et de l’Etat-nation à l’occidentale qui les obligerait à se séparer de la oumma, la "nation islamique", une catégorie théologico-politique, et les conduirait à transcender un ethnocentrisme naturel.
Dans son dogme en effet l’islam, seule religion véridique de l’humanité, doit être adoptée par tous les hommes. Cette expansion ne concerne pas seulement les âmes mais aussi la géographie. Ainsi, le monde est-il partagé en "Maison de l’islam" et "Maison de la guerre". Ce partage territorial entre les non-musulmans et les musulmans est temporaire (car toute la terre appartient à la divinité) et le résultat d’un rapport de forces."
Je te laisse rêver sur les mots et expressions comme nation islamique, ethnocentrisme naturel, seule religion véridique, expansion géographique, Maison de la guerre, résultat d’un rapport de forces.
Nous entendons bien, dans cet extrait, parler d’un dogme premier et non d’une lecture fondamentaliste.
Situé en introduction, il donne le prétexte sur lequel s’appuient tous les activistes musulmans pour réveiller leurs troupes pétries d’un islam populaire largement tempéré par d’autres influences.
Pour le moment, ils n’embrayent pas, pourvu que ça dure ! [En suis-je si sûr en 2009 ?]
J’ajoute que je ne parle pas d’une période actuelle qui ferait accidentellement partie de l’Histoire, mais d’une volonté récurrente dans le monde musulman, dont nous connaissons les énièmes soubresauts toujours identiques.
Mercredi, je t’ai parlé à ce propos de tropisme : force obscure qui pousse un groupe à prendre une orientation, dit le Larousse.
A propos d’Histoire, je crois que pour l’islam pensé, elle s’est arrêtée au premier temps de l’Hégire, en 622.
‘Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit:
Pendant que l’Envoyé d’Allah (pbAsl) était à la mosquée, l’un des musulmans arriva et lui dit: "O Envoyé d’Allah, j’ai commis la fornication". Le Prophète ayant détourné la tête, l’homme alla se placer du côté vers lequel le Prophète avait le visage tourné et lui répéta: "O Envoyé d’Allah, j’ai commis la fornication". Le Prophète détourna de nouveau la tête et pour deux autres fois, la chose se produisit. Et quand l’homme eut ainsi témoigné quatre fois contre lui-même, l’Envoyé d’Allah (pbAsl) l’appela et lui dit: "Es-tu fou?" – "Non, ô Envoyé d’Allah." – "Es-tu marié?" – "Oui, ô Envoyé d’Allah." – "Qu’on emmène cet homme et qu’on le lapide (jusqu’à la mort)!" dit alors le Prophète (pbAsl). Sahîh Muslim : 3202
Ce que vous en dites :