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Allah si akbar(2)

15 décembre 2009 Poster un commentaire

Allah le Dieu qui se révèle.

En guise d’introduction, je tiens à dire que je souhaitais d’abord écrire un article supplémentaire sur le Coran pour développer le nombre de documents traitant des bases doctrinales de l’islam.

Mais de fil en aiguille, mon esprit a pris ses libertés et cet article initialement prévu pour parler de l’articulation du Coran dans les différents moments de sa descente sur Mahomet (terme employé par la tradition musulmane) m’a obligé à traiter du Dieu si spécifique qui est objet d’adoration des musulmans et ce sujet, qui au départ devait être marginal, a pris la place centrale.
Ce qui fait de cet article un complément à
Allah si akbar (1) et un ajout aux documents de base à connaître pour mieux appréhender l’islam et le rapport très hiérarchisé qu’Allah entretient avec l’ensemble de l’Humanité, musulmane et non musulmane.
Je parlerai du Coran une autre fois.

Il y a bien longtemps que je n’ai parlé des bases doctrinales de l’islam.
Je voudrais écrire un article supplémentaire sur le Coran parce que j’ai conscience de n’avoir fait qu’effleurer le sujet et donc de ne pas remplir l’objectif de décodage de ce blog.
J’ai déjà dit toute l’importance de ce texte qui est aux yeux des musulmans la parole vivante d’Allah, comparable à la personne du Christ (voir
le propos de Rémi Brague à ce sujet), lien unique qui relie créature et créateur, lien refermé aussitôt qu’ouvert momentanément, quelque part au début du VIIè siècle.
Mais je crois que je n’ai pas assez insisté sur le fait qu’il est aussi pour les musulmans un signe manifeste de la miséricorde divine pour sa créature.

Allah aurait pu en effet laisser errer sa créature et la laisser courir à sa perte après qu’il a envoyé de nombreux messages aux prophètes Adam (qui a donc existé ), Moïse, Noë, Abraham et Jésus, tous parfaits musulmans avant la lettre mais trahis par leurs fidèles : les Juifs et les Chrétiens. Il aurait pu finir par se dire que toute peine supplémentaire était inutile et qu’il ne lui restait plus qu’à rester dans sa dimension si akbar, si inenvisageable pour l’Homme. Si je me permets cette licence, cette outrecuidance qui me pousse à me mettre dans la peau d’Allah, c’est que les propos tenus par Mahomet témoignent de cette éventualité qui a effleuré "Le Dieu qui se révèle".

Eh bien il n’en fit rien, il est revenu vers sa créature  et "Celui qui étend sa générosité, sa Miséricorde" a choisi Mahomet pour lui livrer la plus parfaite version de ce message, toujours identique et déposé auprès de Lui, sur la Table Gardée. La tradition musulmane a donné le nom de Um al Kittab, littéralement "La mère du Livre", a cet archétype du message divin envoyé plusieurs fois à l’Humanité.

Mais l’étendue de la miséricorde du "Tout Miséricordieux", du "Très Miséricordieux" est sélective ! C’est une vertu a laquelle on ne peut nier une destination collective certes mais pas universelle, et elle est avant tout réservée aux membres de "la meilleure communauté suscitée d’entre les hommes" (III, 106), la Oumma, pour ne pas la nommer, communauté dont les membres n’obtiennent  à titre personnel cette miséricorde que dans la mesure où ils vouent une totale adoration aveugle aux commandements de "Celui qui contrarie, celui qui peut nuire à ceux qui l’offensent".

La Oumma est témoin de la miséricorde divine devant les hommes et gardienne féroce de l’orthopraxie recommandée par cette Parole mise en pages, elle est en chasse de la moindre innovation blâmable (pléonasme) tant est grande sa conscience d’être dépositaire d’un message que bien d’autres avant elle ont perverti.

Je ne sais pas si les  polythéistes ont eu la chance de recevoir ce message divin sous une forme quelconque, rien n’est dit à ce sujet, mais leur sort post-mortem est peu enviable puisqu’ils ont le mallheur d’adorer plusieurs dieux, crime d’association absolument impardonnable aux yeux d’Allah, et je ne parle pas des athées dont l’existence relève de la plus stricte abomination.
De toute façon et à moins qu’un musulman qui passe par ces lignes ne me détrompe, textes à l’appui, tous les non-musulmans, quelles que soient leur croyance ou non-croyance iront se réchauffer en Enfer, indépendamment de leurs mérites sur Terre.

Le Très Miséricordieux Le Tout Miséricordieux Celui qui étend sa générosité, sa miséricorde.

Allah est certes un Dieu jaloux, un Dieu qui possède 99 attributs, mais pour moi, il en manque un, essentiel, le premier : Allah n’est pas un Dieu d’Amour.

O

Allah si akbar (1)

19 avril 2009 1 commentaire

Al-lah, "Le Dieu", si vous préférez, est plus proche du croyant que sa propre veine jugulaire…
Allah si akbar, si tellement "le plus grand" si vous préférez, est si immense et lointain que lorsqu’un musulman l’envisage, il ne peut que
ne pas pouvoir l’envisager.
Le Coran le décrit assis sur un trône, de toute éternité, avec
la mère du livre à ses côtés, posé sur une table. (= la matrice de tous les textes envoyés depuis le début de l’humanité aux prophètes, et dont le Coran est l’ultime et plus parfaite version).
Je suppose que le musulman doit se sentir écrasé devant l’immensité de celui qui est : l’omniscient, le savant, le miséricordieux, le juste, le puissant, le sage, le bien-aimant,… en bref, le dépositaire de
99 noms et attributs différents.
Il doit se sentir le jouet entre les mains de ce créateur qui n’est pas clair dans le libre-arbitre qu’il laisse à sa créature.
Un musulman, un soumis à la Loi d’Allah, qui cherche à être agréable à son seigneur, ne sait jamais,
incha allah, s’il l’est. Le doute est toujours présent dans son esprit, le feu de l’Enfer jamais bien loin.
Car Allah seul sait, et il guide et égare qui il veut. (XVI, 96, verset autour duquel s’articule le débat sur le libre arbitre en terre d’islam).

Le musulman pieux veut craindre Allah et c’est pourquoi, pour l’amour d’Allah, il donne ce qu’il possède à ses proches, aux orphelins, aux pauvres, aux voyageurs et aux mendiants ainsi que pour racheter les captifs; (il) prie, donne l’aumône, observe la foi jurée, demeure constant dans l’adversité, le malheur, et face à la violence. ( II, 172 ou 177 selon les traductions.)
Je reconnais que c’est beau et que si la chose religieuse pouvait être aussi simple, nous vivrions dans le meilleur des mondes possibles.
Ben vous voyez, je suis pas toujours négatif :-) .

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